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Une personne de type asiatique et queer, dans une rue, portant un long manteau et un pantalon large, regardant vers nous.

Temps de lecture : 17-22 minutes

Je ne suis pas un ingénieur du son, je suis un Dj controllerist.

Le controllerism est le fait d’utiliser des contrôleurs physiques et/ou tactiles pour manipuler des fichiers audio-numériques.

Controllerism

C’est quoi un.e ingé-son ?

C’est quelqu’un.e qui travaille dans un studio de production audio-visuel et dont le rôle est de façonner le son, équilibrer les fréquences, adapter la matière « brute » pour en faire quelque chose de commercialement exploitable. Vu le travail fournit en amont par les musicien.e.s d’aujourd’hui dans leurs propres home studio, cette matière n’est plus vraiment brute, on est désormais plus proche d’une d’une version prête pour l’exploitation commercicale que de la maquette qu’on envoyait aux directeur.ices artistiques des labels il y a encore 20 ans. C’est un travail qui bénéficie à l’industrie et qui se fait sur le dos des artistes car il n’est jamais rémunéré. Mais passons. Nous sommes des travailleur.euse.s/producteur.ice.s/consommateur.ice.s bénévoles des plateformes numériques depuis que les GAFAM existent et nous avons pris l’habitude de travailler pour les capitalistes depuis nos terminaux H24 sans plus faire de distinction entre ce qui relève du travail ou des loisirs. Moi y compris.

Pour le dire simplement un.e ingé-son est lela technicien.ne qui a pour rôle de couler les désirs artistiques des musicien.e.s dans le moule de la  réalité de l’exploitation commerciale des industries des biens culturels. Pour le dire autrement, c’est la fin des illusions créatives des artistes sacrifiées sur l’autel du commerce pour pouvoir vendre un produit nivelé par le bas pour plaire au plus grand nombre, obtenir un truc lambda parmis d’autres trucs lambdas. En échange de ce compromis ? Une vague promesse de succès et d’ascension sociale, le mythe de la rockstar. Et tant qu’il y aura des artistes pour désirer des putes et de la coke gratuites, et la possibilité de détruire une chambre d’hôtel hors de prix parce que ça vend une image de soi cool, les artistes continuerons d’être les tâcherons les moins bien payés de la chaîne de production. 

Si vous pouvez écouter le dernier album de machin.e produit.e par une major ou un label indé qui sert de paravent arty à une major, sur cd, vinyl, cassette, et les plateformes de streaming à péage avec la même « qualité pro » de son, même avec des écouteurs bas de gamme, c’est parce qu’ingé-son est passé.e par-là et à fait rentrer les idées sonores d’origine dans les standards industriels et techniques du moment. Il est loin le temps où Bruce Springsteen faisait tout un album devenu une référence, Nebraska, avec un magnétophone à cassettes 4 pistes et quatre instruments dans sa chambre. Contre sa maison de disque de l’époque, une major qui ne voulait qu’une chose, qu’il refasse le même album que le précédent qui les avait rendu un peu plus riche et propulsé sa carrière de rockstar.

Nebraska – album

Si vous voulez faire un disque qui soit mis dans les bacs de la Fnac, vos créations sonores devront passer par un.e ingé-son et ses logiciels avant d’être enregistrées/gravées/pressées sur un bout de plastique appelé support physique. Même chose pour être distribué sur les plateformes de streaming.

En tant que DJ mes mixes n’ont pas vocation à être exploités dans le circuit commercial, même sur les plateformes qui entubent les artistes avec leur consentement – tout le monde signe les CGU – contre des promesses de visibilité.

Je ne cherche ni à plaire à tout le monde ni à être écouté par tout le monde. Je sais que des gens écoutent, j’en rencontre parfois. Ielles peuvent me donner leur avis sur mon travail s’ielles le souhaitent mais je n’attends ni ne demande rien.

Je ne suis pas un saint, hein, je suis juste blasé par le business de la musique en général pour l’avoir fréquenté et l’avoir vu fonctionner de l’intérieur. Je n’ai pas assez d’ambition sociale ni de capacités de socialisation pour y faire mon trou. Les réseaux sociaux IRL sont aussi frustrants et chronophages que les virtuels et au final on passe plus de temps à se vendre et à faire de la merde pour se vendre qu’à faire ce qu’on veut vraiment faire. 

Je viens d’un monde où écouter de la musique était un choix et un plaisir, mais aussi une démarche technique volontaire et pas encore un moyen pour lutter contre la déprime face au vide existentiel du réel à base de playlists faîtes par des algorithmes. 

Quand j’étais adolescent, il y avait encore des boutons physiques sur les appareils d’écoute, notamment un gros bouton volume et une égalisation avec plus ou moins de bandes. Ça existe toujours sur les smartphones en version tactile mais ce n’est pas pareil.

Beaucoup de réglages sont imposés par défaut en fonction d’un style musical commercial.

Les casques bluetooth par exemple imposent un design sonore logiciel du fabricant sans qu’il soit possible de le modifier. Ce sont des casques très mauvais pour la production musicale car le bluetooth ne dispense pas un son neutre ou équilibré. En tous cas pas dans la gamme de prix que je peux me permettre d’acheter. Souvent les basses sont renforcées et écrasent le reste du spectre sonore au détriment de la définition. Mais ça sonne gros avec les styles commerciaux qui sont eux-mêmes sound designés pour sonner gros avec des casques et écouteurs bluetooth. L’industrie des biens culturels inclue autant la production musicale que la production des dispositifs d’écoute. 

Je m’intéresse au sound design pour donner une « couleur » à mes sons, les ambiances des bandes sons des films m’influencent car je suis aussi cinéphile. Par contre je ne cherche pas à rendre accessible ce que je fais à toutes les configurations techniques, je n’en ai ni la volonté ni les moyens ni le temps.

Il y a autant de différence entre un.e DJ et un.e ingé-son qu’entre un.e photographe et un.e infographiste. Ce ne sont pas les mêmes métiers.

Bien sûr aujourd’hui les frontières entre les différents métiers ne sont plus aussi nettes qu’au temps du tout analogique où les outils étaient plus nombreux, plus volumineux, plus chers et moins bien intégrés les uns par rapport aux autres.

Au quotidien j’utilise des algorithmes pour masteriser mes hypermixes mais c’est une opération automatisée dont je constate le résultat sans réellement intervenir dessus. Et franchement, c’est un domaine qui ne m’intéresse absolument pas. C’est complexe et certainement passionnant. Mais pas pour moi.

Une femme japonaise prise en photo dans une rue. Elle se tient debout les jamabes écartées. Elle est habillée de couches de vêtements multicolores .

Mon approche du son est punk, au sens où elle est basée sur le rejet des conventions académiques, commerciales et industrielles. Dans mes hypermixes je fais exactement tout ce qu’on évite de faire dans le domaine de la création musicale commerciale habituellement. Le son de l’industrie sonne propre, clair, même sur des styles comme le Dub, le Neurofunk, la drum and bass ou le hardcore. Quant au Lo-fi, il porte bien mal son nom puisque le son de ces productions kilométriques sonne aussi propre sur n’importe quel dispositif que n’importe quelle prod HD alors qu’initialement c’est un son basse définition obtenu par les groupes de rock qui utilisaient des magnétophones à cassettes grand public pour faire leurs maquettes.

Dans mes hypermixes je laisse volontairement des erreurs, des accidents, des approximations, des fréquences désagréables, j’écrase les mediums et les aigues avec des basses très saturées et compressées, je sample en basse définition, je resamble encore et encore pour obtenir l’équivalent d’une photocopie de mauvaise qualité, je laisse, voire je rajoute du souffle et de la distorsion jusqu’à rendre méconnaissable le son d’origine. 

Le son numérique est hyper réel, il est au-delà du réel, et ça crée un sentiment de vide vital. Pour rendre réel une production il faut la rendre palpable en augmentant sa densité car la réalité passe par l’imperfection. La perfection n’est pas de ce monde et le corps humain est spécifiquement conçu pour évoluer dans un tel monde.

Si on réfléchit bien, mis à part le cahier des charges du commerce qui impose de rendre un produit accessible au plus grand nombre de consommateurs pour des questions de rentabilité et de profitabilité, qu’est-ce qu’un bon son ?Est-ce que la réalité a un bon son ?
Est-ce que le son d’un concert est un bon son ?
Oui, dans le spectacle musical vivant l’acoustique a une grande importance surtout dans les musiques non amplifiées mais pour autant existe-t-il un consensus sur la notion de bon son ?
Est-ce qu’un concert de Metal, de Rock Hardcore ou de Noise ont un bon son ?
Il n’y a pas de réponse à cette question. Il n’y a que des machines qui nous indiquent des paramètres qui entrent dans des moyennes et qui nous disent que le son est dans les normes établies par l’industrie.

Je contrôle mon travail avec un casque de monitoring pour être sûr que le résultat reste écoutable. Mon travail sur le son a pour but d’obtenir une réponse émotionnelle de la part de mes auditeur.ice.s et pour ça il faut une définition suffisante pour rendre perceptible les détails que je veux donner à entendre dans mon travail. Mais je ne fait pas analyser mon son par des logiciels spécialisés pour être sûr que certaines fréquences ne vont pas faire vibrer inutilement les membranes des haut-parleurs ou des casques incapables d’encaisser le choc et provoquer des distorsions du son. La distorsion c’est la vie. Dans la réalité la distorsion est partout.

Le son commercial des disques grand public n’existe nulle part dans le monde à part dans nos dispositifs d’écoute. Dans la réalité le son se propage de manière chaotique et incontrôlable.

Mon son est prévu pour être joué sur des appareils qui encaissent et à fort volume. Je compte aussi sur la capacité des auditeurs à s’adapter. Rien à voir avec le son bien poli et propre sur lui de Spotify ou Deezer.

Les ingé-sons poursuivent la quête du son « parfait » exploitable commercialement, ils sont au service de l’industrie du divertissement, ils formatent la forme esthétique de la musique du moment mais aussi « l’oreille » des humains qui écoutent car c’est le résultat de leur travail qu’on entendra partout et auquel on se sera habitué. Et quand je dis partout je veux dire qu’il n’y a pas moyen de s’y soustraire. Ce son est partout dans l’espace public et privé.

Ma quête à moi est toute autre. D’abord elle est libre de toute convention même si bien sûr comme tout le monde je suis sous l’influence de tout ce que j’ai vu et entendu depuis plus de 50 ans.

L’ingé-son d’aujourd’hui ne cherche pas une voie personnelle, ielle ne cherche pas à créer quelque chose de nouveau comme certain.e.s de ses pair.e.s du XXème siècle qui ont façonné le son au travers d’albums novateurs. Ielle n’invente plus rien même pas les outils qu’ielle utilise.

J’ai eu la chance (?) de vivre dans un monde où les choses notamment les productions artistiques étaient moins formatées qu’elles le sont aujourd’hui. J’ai donc des souvenirs de sons plus variés que si j’avais 20 ans aujourd’hui et que mes seules références étaient le son numérique. J’emploi le mot son au sens de textures, structures, granularité et densité. J’ai connu le son issu des postes radios monos diffusant les grandes ondes, puis la FM, les baladeurs à cassettes grand public avec des cassettes pas chères, et bien sûr le son du vinyl sur un pickup des années 60, des chaînes Hi-FI et des sound systems à plusieurs milliers de watts quand je mixais. Puis le son numérique est arrivé, sur supports physiques d’abord, et à la fin sur les plateformes de streaming. J’ai des souvenirs d’une réalité qui n’existe plus aujourd’hui qu’à travers la copie nostalgique par l’adjonction de filtres pour simuler le « grain » analogique. Ce n’est pas la même chose car ce n’est qu’une idée marketée de la réalité d’alors.

La diversité permet la variation créative et l’invention, aussi minime soit-elle.

Un.e DJ est une personne qui travaille d’abord avec ses oreilles. Aujourd’hui tout le monde utilise l’informatique et ses écrans qui affichent tout ce qu’on entend et même ce qu’on n’entend pas. Mais longtemps on a utilisé des machines avec des affichages succints ou inexistants, par exemple certains sampleurs de la famille SP où pratiquement tout se faisait à l’oreille; le découpage des samples et les boucles. On plaçait les points d’entrée et de sortie à l’oreille.

Quand on vient du DJing du XXème c’est une façon naturelle de travailler car à l’époque le son n’était pas interprété par un ordinateur pour nous afficher ce qu’on entendait de manière symbolique sur un écran. Aujourd’hui on travaille sur des logiciels comme Ableton Live ou FL Studio capables de faire des macros jusqu’au pixel pour découper une forme d’onde de manière chirurgicale.

L’entrée dans l’informatique grand public c’est vraiment la représentation symbolique du monde dans tous ses aspects et ça a bien sûr un incidence sur notre rapport à la réalité. Nous perdons des compétences cognitives qui n’ont plus besoin d’être développées et entretenues puisque les machines font le travail à notre place. Le GPS a rendu les chaffeurs de taxis et les coursiers « bêtes » car ils ne cartographient plus leurs zones de travail mentalement assistés qu’ils sont par leur smartphone pour simplement pouvoir travailler. Et ne parlons pas des travailleurs à la tâche qui livrent des repas sous la supervision tyrannique d’algorithmes qui font emprunter des 4 voix à des cyclistes au péril de leur vie. C’est ça la perte de compétences cognitives, l’incapacité à se déplacer dans son environnement naturel par ses propres capacités nerveuses en prenant des raccourcis et en se mettant en sécurité. Aujourd’hui on fait confiance à des machines qui n’ont jamais arpenté le dit-environnement, qui ne le comprennent pas. Des machines qui ne pensent pas car elles ne ressentent pas, elles font juste semblant.

La carte n’est pas le territoire

Les DJs utilisent désormais plus leurs yeux que leurs oreilles pour travailler. Un comble.

Un.e DJ travaille précisément mais de manière approximative. C’est paradoxal ? Non. L’oreille humaine n’a pas la précision d’un ordinateur. Sur un plan général les Humains n’entendent pas certaines fréquences hautes et basses mais surtout l’oreille humaine extension du système nerveux central n’entend pas les choses jusque dans le moindre détail. Sur un plan particulier, chacun.e est différent.e et tout le monde n’entend pas les mêmes choses. À tout ça il faut rajouter l’éducation au son qui est aussi différente d’un.e individu.e au l’autre. Tout ça pour dire que se préoccuper du son en terme d’exploitation commerciale quand on est DJ est une perte de temps qui n’a rien à voir avec le métier et ses spécificités.

Le métier de DJ est tout entier tourné vers l’énergie, la spontanéité et la performance. La précision d’éxécution vient de l’expérience, du travail et de techniques personnelles qu’on développe avec le temps. Comme un.e musicien.e, un.e charpentier.e ou un.e secrétaire. Ce sont tous des métiers faits par des Humain.e.s. C’est un travail humain et comme tous les métiers humains ça comporte des phases d’apprentissages, des expériences, de l’engagement, le développement de capacités hautement cognitives, la capacité à s’adapter, à improviser, et à inventer. C’est aussi prendre des raccourcis et se tromper. Et recommencer jusqu’à réussir ou abandonner. Le travail humain comporte une noblesse qui est du même niveau que les aptitudes de n’importe quel animal en liberté et qui est sans aucun doute né pour être comme il est, et naturellement fier de l’être.

L’intérêt de pratiquer un art c’est d’apprendre des techniques inventées par ses pair.es et d’évoluer jusqu’à être capable d’inventer les siennes ainsi que son propre style puis de passer le flambeau à d’autres, par l’exemple et l’émulation. C’est de cette façon que j’ai eu envie de faire ce que je fais jusqu’à être capable de le faire. C’est en voyant d’autres DJs faire, c’est en voyant d’autres musicien.e.s faire et c’est en écoutant la radio.

Ma démarche est punk disais-je plus haut. Je rejette l’académisme artistique élitiste et son pendant commercial, la Pop culture, les deux faces du même formatage des esprits. La Pop culture n’est pas la culture populaire. La Pop culture est ce que l’industrie du divertissement comprend de la culture populaire pour la resservir sous la forme de produits divertissants, creux, et abrutissants; vendre du temps de cerveau disponible pour les lessiviers, les dealers de malbouffe et les fabricants de SUV. C’est une forme de mépris de classe. Mais la Pop culture étant partout rien n’empêche de se l’approprier pour créer de la culture populaire avec en pratiquant l’aïkido mental.

La Pop culture est en train de promouvoir l’I.A générative pour remplacer les Humain.e.s artistes. Il y a une différence entre utiliser des algorithmes dans les logiciels d’aide à la composition musicale pour faire certaines choses bien précises comme séparer les fréquences, isoler des pistes, les voix, ou transposer une tonalité, et demander à un algorithme génératif qui a pillé toute la production humaine de régurgiter sans conscience ni créativité, ni variation, à partir de moyennes et des probabilités préprogrammées selon les désirs d’un nazi de la Techbros un truc qui ressemble « à la façon de ».

Un.e japonais.e queer habillé d'une jupe et d'une veste trois quart noires pris.e en photo dans une rue. Ielle regarde l'objectif.

La base du Punk est fondé sur le mouvement Do It Yourself, le Fais-Le-Toi-Même, un mouvement venu du monde ouvrier et populaire ancien. Cette démarche se retrouve également dans le hacking sous toutes ses formes et notamment le mouvement du logiciel libre. Ça consiste à comprendre et à adapter les outils et les moyens à sa disposition à ses propres besoins et à en inventer à l’occasion. La créativité naît des contraintes et des limites.

Mouvement DIY

Mouvement du Logiciel libre

Le Punk est aussi basé sur l’autogestion car il est anarchiste, antiraciste, anfifasciste, égalitaire, anticapitaliste et anticonsommation. Il n’a rien à voir par contre avec l’anarco-capitalisme, cette arnaque libertarienne nord américaine qui essaie de faire passer des lois anti sociales et fascistes pour de la disruption, un concept apparemment cool dans l’esprit des sociopathes qui ont pris le pouvoir partout dans le monde.

Ma démarche est de faire mon travail avec un le minimum d’outils et d’en tirer le meilleur parti. Ma démarche consiste à faire ce que j’ai envie de faire sans penser à la façon dont ce sera reçu et perçu, si ce sera repartagé, liké, commenté et indexé par Google. Ma démarche est totalement désintéressée car c’est le seul moyen de proposer quelque chose de sincère et sans arrière-pensée. Vouloir plaire n’est pas un bon projet de vie quand on est devenu adulte et autonome.

Je parle du Punk comme d’une éthique et non comme d’une forme esthétique et artistique, cette dernière ayant été depuis longtemps récupérée par le capitalisme et violée dans tous les sens. Mêmes ses fondateurs sont passés dans le camp ennemi. Certains ont soutenu le Brexit et Trump publiquement.

En tant qu’artiste je me réclame du Jazz, du Punk et du Situationnisme. Et de plein d’autres trucs mais ce billet est déjà trop long.

Le Jazz pour l’improvisation et la liberté d’hybrider tout ce qui me passe par les oreilles. Le Punk pour le DIY, le refus des conventions, le radicalisme de Gauche, l’antifascisme et l’autogestion. En cela le Punk partage la même philosophie que le mouvement Hip-hop des débuts avec la même récupération à la fin.

Le Situationnisme pour la remise en question de l’art académique, le droit à l’emprunt, à la copie et au plagiat comme formes d’art.

Pour moi tous ces mouvements culturels et primordiaux sont avant tout politiques car ils ont une action durable sur la réalité et remettent en cause les normes sociales et culturelles imposées par la bourgeoisie au travers de leur industrie culturelle.

PS: un.e Punk ne se reconnaît pas par ses vêtements et ses slogans, récupérés entièrement comme tous les symboles contestataires par le capitalisme. Un.e Punk est comme les vrai.e.s loup.ve.s garous, ielles ont le poil à l’intérieur de la peau et se dissimulent parmis les normies. Comme m’a dit un DJ Hip-hop en 2001 dans un festival à Bruxelles après mon set: « Quand on te regarde on a l’impression que le facteur va prendre les platines  » – j’avais un records bag en toile jaune-La-Poste à l’époque et ne portait aucune fringue qui rappelait mon attachement au turntablism ou au Hip-hop sur moi -, « par contre quand on écoute ce que tu fais, on comprends que tu ne travaille pas pour La Poste 🙂 »

Même pas vrai, je suis un facteur en colère avec une sampleur et tous les sons de l’univers dedans !

Respect aux facteur.ice.s, des Humain.e.s qui font un noble métier indispensable dans un pays développé socialement et qui est pourri de l’intérieur par la management libéral, viriliste et toxique !


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